La Belle Hélène

EN / FR

Je suis assise au bord de mon siège, absorbée par chaque scène, chaque note de musique.

C’est exactement ce que j’ai ressenti en photographiant La Belle Hélène au Conservatoire du 11ème arrondissement de Paris, en juin dernier. J’ai souri pendant presque toute la représentation, charmée par une production réunissant chanteurs et comédiens, professionnels et non professionnels.

La mise en scène était signée Clara Zammit, qui a également interprété le rôle d’Hélène ce soir-là. Elle a une présence extraordinaire et une voix magnifique.

Autour d’elle, Pâris, Calchas, Ménélas, Agamemnon, les deux Ajax et le reste de la troupe ont apporté à la représentation une énergie et un caractère formidables.

Nous étions deux photographes ce soir-là, et nous nous sommes donc partagé la couverture du spectacle. Je me suis concentrée sur les images plus rapprochées — les portraits, naturellement mes préférés.

Le défi, c’est de ne rien manquer.

Tout va si vite : un geste, un sourire, le moindre changement d’expression. La Belle Hélène est un opéra-bouffe de Jacques Offenbach. Les interprètes bougent, chantent, réagissent, séduisent, se disputent, conspirent. Il n’y a pas de deuxième prise. La lumière change, les artistes se déplacent, et la mise au point, l’exposition et le timing doivent s’adapter en temps réel.

Et me voilà, assise au milieu du troisième rang, essayant de saisir autant de choses que possible.

Il fait chaud. Nous sommes en juin, et cette année les vagues de chaleur ont été incessantes. De temps en temps, mon appareil semble lui aussi demander grâce. Mon poignet également, car je peux à peine poser l’appareil une seconde.

Mais je les suis.

Tout est charmant : les voix, le décor, la lumière. La simplicité fonctionne merveilleusement bien.

Je vois des scènes de foule joyeuses et des moments intimes, une hilarante joute d’esprit, de la séduction, Pâris déguisé en berger, des rois et des serviteurs, de l’absurde et de la tendresse. Et, d’une manière ou d’une autre, tout fonctionne.

Et c’est l’une des choses que j’aime à Paris — la ville, pas le personnage. Des productions sensibles, créatives et belles, portées par des personnes aux niveaux d’expérience différents, qui travaillent dur, prennent des risques et acceptent de se rendre vulnérables devant un public.

Pour une photographe, il est impossible de ne pas se laisser entraîner.

Hélène applaudit un autre interprète qui salue à la fin de La Belle Hélène à Paris.
Previous
Previous

La Belle Hélène

Next
Next

Sadie & Co.